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« La
souveraineté est la forme qui donne l'être à l'Etat ». Charles Loyseau en
affirmant que la souveraineté doit être écartée de toute subordination et de toute
concurrence se place dans la tradition du XVII siècle qui décrit une monarchie
altérée, séquelles de la féodalité. Le théoricien de la puissance publique,
officier seigneurial de haut prestige et juriste attaché au Roi Henri IV dans
le « Discours de l’abus des justices de villages » tiré des Œuvres
de Maistre Charles Loyseau ,Advocat en Parlement écrit en 1603 contenant
trois traités relatif à la structure de l’Etat, du gouvernement et de
l’administration, va condamner les pouvoirs juridictionnels des justices
consulaires exercées par la seigneurie qui témoignent d’une souveraineté royale
imparfaite. Ces justices de village doivent objectivement à l’emprise
seigneuriale sur le monde rural qui a obtenu concession du souverain ; de
nombreux seigneurs territoriaux inscris dans une société de tradition orale y
rendent une justice de première instance proche des justiciables. Les pratiques
souvent arbitraires comme l’édiction des règles, l’emprise absolue sur un droit
qui n’est pas immuable dans le temps, conduit le tribunal du seigneur à une
insigne médiocrité. Néanmoins, s'attacher les services d'un juge de qualité
rejaillirait sur la stature du seigneur noble et nombreuses seigneuries
témoignent d’une sage organisation proche d’une justice royale. Bien que la
monarchie se fût efforcée de mettre sous tutelle ces justices, force est de
constater qu’elles subsistèrent jusqu’à la Révolution. Face à cette dimension
domestique des justices de villages, il convient de se demander si la justice
seigneuriale au XVII siècle était aussi pervertie, inefficace et
« abusive » comme le prétend Loyseau ? Certes, l’absence d’un pouvoir
central fort conduit à une justice de village au bon vouloir de « juges
guêtrés » (I), mais cette nécessaire justice locale, complément de la
justice royale, nuance les vitupérations contre leurs incompétences (II).
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